Ecoles VS Masters Universitaires ?

C’est bien beau, de vous écrire tout un article pour identifier trois critères indispensables à toute formation en com’ (cf le précédent article :http://eternelleapprentie.fr/comment-choisir-sa-formation-en-communication/), mais j’vous connais, les apprentis communicants… ça vous suffit pas. ça répond pas à l’éternelle question, au dilemme insoutenable qui vous fait faire des nuits blanches depuis 3mois. Ecole privée ou Master universitaire ? Iscom ou Efficom ?  Pour beaucoup d’entre vous, là sont les vraies questions. Ce seront donc celles du jour !

Entre écoles et formations universitaires, quelles différences ?

Sachez tout d’abord que toutes les formations sont différentes, quelles soient privées ou publiques. En ce sens, ce qui sera dit sur une école en particulier ne peut en rien être généralisé aux autres. Il existe malgré tout des ressemblances réelles entre certaines écoles et certaines facs, pour la simple et bonne raison qu’elles fonctionnent sur des modèles souvent similaires. Ce sont donc sur ces modèles généraux que je vais tâcher de vous informer.

L’avantage des écoles : 

Si on reprend la liste des trois critères évoqués dans le précédent article, on peut dire que très généralement, les écoles ont l’avantage d’assurer :

1) Le critère numéro 1 (donner ce qu’il faut en connaissances théoriques et pratiques). En effet, il suffit de parler avec des anciens élèves des différents établissements et de regarder les « programmes » de chaque année pour se rendre compte que les cours se veulent vraiment des cours de communication, et que l’étudiant est assuré de se faire un bagage de connaissances réelles dans ce domaine.

2) Le critère numéro 3 (offrir une formation profesionnalisante : réseaux de l’école + rencontre de professionnels + stages). Partenariats, journées-concours organisées pour répondre à un exercice donné par telle ou telle entreprise, réseaux des anciens élèves extrêmement développés et suivis… les écoles privées font TRES attention à cette dimension.
Bien sûr, chaque école possède un réseau plus ou moins étendu, mais toutes ont à coeur (en tout cas toutes celles que j’ai observé jusque là ^^) de le développer et d’y insérer leurs étudiants.

3) En comparaison avec l’université, les écoles ont le souci de se tenir informées et de mettre à jour leur programme en conséquence. Les nouvelles techniques et technologies font rapidement l’objet de nouveaux enseignements. En outre, il n’est pas rare qu’une école possède des « salles info' » équipées d’ordinateurs performants et possédant toute une panoplie de logiciels qui pourraient vous êtres très utiles.

4) Le dernier avantage des écoles est que beaucoup d’entre elles jouissent d’une réputation qui profite à l’étudiant. Je n’ai pas d’explication à cela : la sélection a beau y être souvent beaucoup moins fortes qu’elle ne l’est pour l’université, où il n’y a en général que 25places pour des centaines de candidats et où les concours sont loin d’être acquis d’avance (contrairement à la réputation des concours-factices des écoles privées), sortir d’une école a souvent plus de poids que le fait de sortir d’une université lambda.

Les inconvénients des écoles : 

1) Le premier inconvénient majeur, c’est qu’une école n’est pas toujours certifiée par l’état. Cela sous-entend que toutes les formations proposées par les écoles privées ne sont pas forcément reconnues. Autrement dit, pour un employeur, même si vous sortez avec votre diplôme  Bac + 3 ou + 5  de votre école, ce diplôme peut paraître nul à ses yeux. « On s’en fout tant qu’il m’embauche ! » pensez-vous ? Sans doute, mais le salaire peut s’en ressentir si vous n’êtes considéré pour lui que comme « un bachelier ayant suivi des formations supplémentaires » !

Comment vérifier si mon école est certifiée par l’état ? 

La bonne nouvelle, c’est que la vérification est simple : il suffit de regarder sur le site web de l’école s’il y a inscrit quelque part « diplôme certifié de niveau I, II, III en fonction de l’année d’étude choisie (le niveau III correspondant en gros à un BTS-Bac+2, le niveau II à une licence ou un M1 (bac +3+4), le I à un master 2/Bac +5).

2) Le deuxième inconvénient majeur ne surprendra personne : c’est le prix. Par définition, une école privée est non seulement payante, mais en communication, elle est souvent aussi très chère (vous me direz, on va pas trop se plaindre, les écoles d’ingénieurs sont bien pires). La fourchette varie entre 4500 euros et 9800 euros (true story), sans compter, bien sûr, tout ce qui correspond au frais d’inscription, à la médecine préventive, à l’inscription à telle et telle option obligatoire…

Histoire d’empirer la chose, la plupart des écoles privées ne permettent pas aux étudiants boursiers de garder leurs bourses. Hé oui.  Quant à penser que si vous êtes boursier, l’école sera moins chère : ni songez pas non plus : s’ils n’acceptent pas la bourse, vous pensez bien qu’ils n’accepteront pas la réduction non plus !

La bonne nouvelle, malgré tout, c’est qu’ils existent des solutions contre cet obstacle.

La première, c’est l’alternance. Beaucoup d’écoles privées proposent à leurs étudiants de faire leur cursus (ou une partie de ce cursus) en alternance dans une entreprise. L’avantage de cette formule est triple : non seulement l’étudiant apprend à se former « sur le terrain », mais encore il peut rajouter cette expérience à son CV, et enfin il obtient un salaire pour ce contrat. Certain contrats vont même jusqu’à demander à l’entreprise de payer l’intégralité ou une partie des frais d’admission de l’élève à son école (c’est le cas à Efficom par exemple).

La deuxième est qu’il existe des écoles privées qui permettent aux étudiants de garder leurs bourses (c’est le cas de l’Institut Catholique,  qui propose un très honnête parcours en communication).

3) Le troisième inconvénient concerne la formation elle-même.
Si la majorité des cursus de communication en écoles privées assurent à l’étudiant d’obtenir de vraies et solides « bases » en communication, il n’est pas du tout systématique, en revanche, que notre 2ème critère (celui de développer l’esprit critique des élèves et de leur permettre de devenir des « experts ayant un regard critique sur leur domaine » )soit respecté. La raison de ce manquement est double. La plupart des cours donnés dans des écoles privées sont assurés par des professionnels du monde de la communication eux-mêmes. Cette situation amène de grands avantages, mais aussi un net inconvénient : l’option « pédagogue » n’est pas obligatoire pour un professionnel. Il est souvent là pour vous transmettre ce qu’il a appris et expérimenté, mais pas forcément pour vous faire réfléchir par vous-mêmes. La deuxième raison à ce manquement est que bien souvent, un cursus en communication dans une école n’est… qu’un cursus en communication. Il est rare (mais pas impossible!) que les écoles privées donnent aux étudiants l’opportunité de s’aider d’un regard extérieur à la communication, et qui l’enrichirait pourtant. Des cours d’Histoire de l’art pour les graphistes ou ceux qui rêvent de devenir directeur artistique, des cours de management et de droit pour ceux qui rêve de gestion de projets, des enseignements en sémiologie ou en philosophie pour ceux qui veulent analyser et innover, sont autant d’aides, d’approches extérieures et néanmoins pertinentes qui permettent à l’étudiant de ne pas se limiter à son domaine et (paradoxalement de ce fait) d’y être plus compétent.

Mais qu’en est-il de leur rivale l’Université ?

 

Les avantages de l’université : 

1) D’une, incontestable, l’université est gratuite. Mine de rien, ça soulage.

2) De deux, l’université proposent majoritairement des formations qui fonctionnent sur deux types d’encadrement : l’un par des professeurs-chercheurs, l’autre par des professionnels. Autant dire que l’aspect pédagogique est souvent davantage pris en compte.

3) De trois, l’université à a coeur de permettre à ses étudiants d’avoir une très bonne culture générale. Autant dire qu’ici, c’est notre fameux critère numéro 2, l’esprit critique, qui est souvent assuré. Par des options OBLIGATOIRES dans d’autres domaines, l’étudiant est poussé à ne pas s’enfermer dans une seule pratique et un seul enseignement, et peut ainsi apprendre en histoire de l’art, en sémiologie, en philosophie, en droit, en cinéma… autant d’enseignements qui peuvent contribuer à mieux définir son projet personnel et à lui donner des « spécialités ».

Les inconvénients de l’université :

1) Le problème majeur de certaines formations universitaires, c’est de manquer cruellement au critère numéro 3. Il n’est pas rare en effet que les facultés disposent d’un réseau professionnel très faible avec lequel l’étudiant n’est mis en relation que de manière anecdotique, que les stages soient non-obligatoires et à durée plus limité (1 mois ou 3 mois au lieu de 6), voire que les étudiants ne soient jamais véritablement mis au contact du monde professionnel avant leur stage de fin d’étude.

Ce n’est pas vrai de toutes les formations ou de toutes les facultés, bien sûr. Pour donner l’exemple de ma propre formation, son avantage est qu’étant ancienne, elle a eu le temps, lentement mais sûrement, de se constituer un bon réseau petit a petit. Rien de comparable à certaines écoles qui ont des partenariats à la dizaine, bien sûr, mais ce n’est néanmoins pas le « grand vide » qu’il peut exister dans certaines universités. En outre, nous sommes formés sur un semestre par des professionnels et nous avons un stage obligatoire de fin d’étude en M2.

2) Le deuxième inconvénient de l’université est qu’elle propose des « programmes » de formations souvent…  étranges. Vous pouvez être sûr que vous y aurez de la diversité et de l’ouverture culturelle, mais ça en est parfois au point d’avoir davantage de cours « extérieur à la communication » que d’enseignements de communications réelles. Mieux vaut s’armer de curiosité personnelle pour lutter contre ça, et lire les ouvrages qui vous semblent nécessaires pour approfondir des aspects de communications parfois seulement « évoqués en passant ».

Là encore ceci dit, ce n’est pas vrai de toutes les universités. Les M2 de communication de Paris Dauphine ou de Panthéon Assas    ne souffrent pas de ce défaut par exemple !

3) Le troisième et dernier gros inconvénient de l’université est sans doute la conséquence logique des deux précédents. L’université a mauvaise réputation. Il n’est pas rare d’entendre des recruteurs qui ne veulent que « des gens sortant d’écoles ou de BTS » pour être sûr « qu’ils aient bien les bases ». En sortant de l’université, on part donc souvent avec un « malus » : il faut convaincre que nous avons su en tirer tous les avantages, sans avoir trop souffert des inconvénients. Et pour ce faire, il faut s’être gardé en Atouts quelques stages dans son jeu de cartes…

Cet article parut dans le figaro en avril expliquait ce phénomène : http://etudiant.lefigaro.fr/orientation/actus-et-conseils/detail/article/pourquoi-les-entreprises-delaissent-les-diplomes-de-l-universite-1696/

Voilà pour une première présentation. Cet article n’a pas prétention d’être valable pour toutes les écoles ou toutes les universités, mais simplement de mettre en garde contre certains aspects récurrents. Ainsi étiquetés, ils peuvent facilement être vérifié au moment de faire un choix, et tant mieux si votre école ou votre université n’a pas tel ou tel défaut, ou, tristement, manque à telle ou telle qualité !