Comment choisir sa formation en communication ?

Je veux débuter ou poursuivre mes études en communication, mais quelle formation choisir ?

Les écoles privées valent-elles vraiment mieux que les formations universitaires ? Les cursus universitaires sont-ils véritablement moins « professionnalisants » que les écoles ? Le CELSA ou Science Po sont-ils les meilleures formations existantes ?

Autant de questions que tout apprenti communicant (ou désireux de le devenir) s’est forcément posé ! Autant de questions, malheureusement, qui sont souvent restées sans réponse au moment où on en aurait eu le plus besoin : celui du choix.

Alors l’ambition de l’article du jour : donner des éléments de réponses à ces énigmes !

Commençons pour cela par éliminer immédiatement un vilain préjugé qui aurait pu se loger dans votre esprit et y établir ses racines (et son lot d’angoisse)  : il n’existe pas UNE formation idéale. Même faire 3ans de CELSA, de la L3 au M2 après avoir fait une prépa et 18stages n’est pas une formation idéale. Ok, sur le papier, ça s’en approche, et pourtant. Une formation ne peut, et n’a pas la prétention, de correspondre à tout le monde. Une formation propose toujours des axes de recherches et des méthodes qui lui semblent les plus appropriés pour répondre à la question « comment former de bons communicants ». Mais quoi ? Il n’existerait qu’une seule méthode ? Qu’une seule voie d’accès ? Vous savez bien que non, et les formations elles-mêmes ne le prétendent pas ! Donc l’ami, s’il te plait, assis-toi et arrêtes de stresser pour un rien parce que tu n’as pas fait de prépa, que tu viens d’une L3 en biologie ou en science humaine et pas d’un parcours « information et communication » ou d’un BTS comme tout le monde. Il n’y a pas UNE voie d’accès, ou UNE école pour devenir communicant. Il y en a des dizaines rien qu’en France. Parmi elles, il est évident que certaines sont bien meilleures que d’autres. Mais meilleures en quoi ? En tout ? Certainement pas. En un ensemble de critères précis ? Oui. Reste à comprendre lesquels, et à comprendre quels sont les critères qui VOUS, vous semblent pertinents étant donné le métier que vous visez, les compétences que vous avez déjà acquises, etc.

Partons donc d’une tentative de définition : qu’est-ce que pourrait être une « bonne formation en communication ? ». Pour ma part, je vois trois critères indispensables, et d’autres qui sont des atouts, des « bonus ».

Dans les outils indispensables que doit délivrer une bonne formation :

1. Des bases théoriques indispensables sur le domaine

Une formation en communication qui ne traiterait jamais des contraintes spécifiques au domaine, de ces différents champs d’applications, de ses différents médias, n’est de toute évidence pas une formation en communication.

Comment savoir si la formation que vous regardez répond à ce critère ?

=> Allez dans le descriptif de son programme, et regardez simplement dans un premier temps l’intitulé des cours. Vous trouvez des enseignements comme « communication corporate », « communication digitale », « communication politique » ? Vous êtes sur la bonne voie.

Note : il peut aussi exister des formations très spécifiques : une formation qui se veut « une formation en communication digitale » n’est évidemment pas tenue de vous donner des cours sur « les techniques de communications des institutions ». L’idée, c’est plutôt qu’une formation dite « en communication » mais qui ne vous donnerez que des cours très généralistes de « philosophie de la communication » ou « d’approches pluri-disciplinaires » doit vous alerter.

2. Donner à l’étudiant le souci et les capacités d’être critique vis-à-vis de son domaine d’expertise.

Toute formation qui a prétention de délivrer un diplôme plus élevé qu’une L3 se doit d’avoir un objectif : donner à ses étudiants une capacité de juger de son domaine. Et là, déjà, rien qu’avec ce critère, bien des formations peuvent revoir leur niveau de performance. Avoir de bonnes bases théoriques est indispensable. Mais avoir la distance suffisante vis-à-vis de ses théories et méthodologies, être capable de les apprécier, de juger de certaines stratégies comme étant plus pertinentes que d’autres, être capable d’avoir une opinion sur différentes « techniques » de communication mais surtout de dire et de défendre pourquoi, voilà qui fera de vous un vrai communicant.

Ce n’est pas propre à la communication : c’est vrai de presque tout les domaines. Une formation « professionnalisante » est non seulement une formation qui nous met en contact avec le monde professionnel (par des stages, des rencontres, des exercices concrets et des mises en situation) mais aussi une formation qui nous rend capable d’agir comme un professionnel : c’est-à-dire comme quelqu’un qui peut (et doit) faire des choix et juger de la pertinence de différents outils.

Comment savoir si la formation que vous regardez correspond à ce critère ? 

=> C’est déjà beaucoup plus difficile, mais pas impossible. Lors de JPO (Journées Portes Ouvertes) par exemple, le mieux est d’en parler avec d’anciens étudiants et de leur poser directement la question. Vous pouvez également vous adresser à des professeurs : quel est le but de leurs cours ? Quels outils donnent-ils ?

Vous sentirez tout de suite dans les discours de vos interlocuteurs s’ils vous proposent des « méthodes toutes faites et parfaites » (fuyez les). Si en revanche, ils vous répondent par des  » Nous on propose telle et telle méthodes parce qu’elles nous semblent performantes pour telle et telle choses », si vous sentez de la nuance et de la réflexion dans leurs discours, alors vous êtes déjà probablement entre de meilleures mains.

Remarque : L’idée, c’est de savoir juger tout en sachant que notre réponse est une possibilité parmi tant d’autres, pas d’entrer dans un discours à la « tout est bon, rien n’est mauvais » qui ne se positionne pas.

3. Etre une formation « professionnalisante » = cours + réseau 

Je ne vous le cache pas : c’est ici que les écoles, bien souvent, gagnent des points face aux formations universitaires.
Vous avez forcément déjà entendu ces tristes mots : « on entre pas dans une entreprise sans piston ni contact ». J’ai le regret de vous dire que ce n’est qu’en partie faux. Bien sûr, vous connaissez déjà des étudiants qui sont entrés dans différents organismes en ayant simplement leur diplôme en poche, soit parce qu’ils étaient compétents, soit parce qu’ils savaient « se vendre » (vous aussi, vous détestez cette expression ?), soit parce qu’ils tombaient au bon endroit au bon moment. Mais ça, c’est le scénario qu’on peut poliment appeler celui des « gros veinard ».

Pourquoi ? Il suffit que vous alliez lire quelques offres d’embauches pour le comprendre. Parce que la plupart des entreprises ou des propositions veulent des gens qui ont déjà de l’expérience dans le domaine. Combien de « au moins trois ans d’expérience requise » trouverez-vous ?

Le rôle d’une formation est de vous préparer à entrer dans le monde professionnel, et elle n’a pas 36 solutions pour cela. D’une, elle doit faire de vous un « savant » dans votre domaine (critère 1). De deux, elle doit faire de vous un « expert » dans votre domaine, capable de poser des jugements et de discerner ce qu’il faut privilégier et ce qu’on peut mettre de côté (critère 2), mais de trois, elle doit vous mettre en contact avec les entreprises elles-mêmes.

Stages, rencontres avec des professionnels (qui vous font des cours eux-mêmes et auxquels vous pouvez poser des questions par exemple), et réseaux professionnels qu’a créé l’école/l’université elle-même avec différents organismes sont autant d’éléments indispensables pour vous permettre de vous lancer et de vous créer, vous aussi, un premier « réseau ».

MAIS ! Tout ceci ne saurait suffire si vous, vous n’êtes pas prêt : 

Une formation qui réunie ces trois critères est une formation dans laquelle vous pouvez vous engager avec confiance. Elle fait sa part du boulot. Mais soyons honnêtes, pour autant, elle ne vous assurera jamais un job à la sortie. Car la sortie, c’est vous, et non elle, qui la faites. à vous de faire vôtre ces trois critères. Une formation peut bien vous transmettre tout son savoir, si vous ne faites pas ce qu’il faut pour l’emmagasiner, vous rencontrerez des difficultés. Une formation aura beau vous donner tout ce qu’il faut pour que vous puissiez développer votre esprit critique, si vous restez passif face à ses outils, si vous ne vous y exercez pas, vous ne deviendrez pas cet expert qu’elle prétendait faire de vous. Et de même, une formation aurait beau s’être dotée du meilleur réseau professionnel possible, si vous n’allez pas à la rencontre des gens, si vous ne vous considérez pas comme l’acteur principal de votre propre réseau, vous ne trouverez probablement pas d’embauche autrement que par le « piston » ou l’option « gros veinard ».

Sur ce, à bon entendeur, et bon courage à tous ceux qui sont en recherches de formations aussi bien que d’entreprises : j’espère que cet article aura pu un peu vous aider !

Vous trouverez plus de précisions sur les différentes formations elles-mêmes dans un prochain article.

 

Des outils indispensables pour devenir un bon communicant(e)… Règle N°2

Parmi la panoplie de choses indispensables que n’importe quelle offre de stage ou de Cdi aura pris soin de marquer sur la liste du « profil idéal recherché » en communication, il y en a un certain nombre auquel vous ne pourrez pas couper. Sisi. Je vous assure. Après l’observation de plus d’une centaine d’offres, c’est quasiment toujours les mêmes.

Malheureusement pour beaucoup d’entre nous, l’élément n°1 de la liste, outre (évidemment) la nécessaire « formation en communication », est… la maîtrise de l’anglais.

stockvault-uk-grunge-flag142046

Donc, Règle numéro 2 : Apprendre l’Anglais.

Comment vous dire les choses autrement qu’en vous disant que… c’est indispensable ?

Ok, en tant que stagiaire, en fonction des tâches que l’on vous confiera et du niveau de responsabilité qu’on vous permettra, vous n’aurez peut-être pas l’occasion très fréquente de vous exprimer dans la langue de Shakespeare, que ce soit à l’oral ou à l’écrit.  Et néanmoins, passé cette étape, n’importe qui vous dira que c’est indispensable à votre évolution au sein de ladite société, et le premier à vous le dire, c’est l’offre de stage/d’emploi elle-même.

Alors messieurs dames, c’est parti. On retrousse ses manches. On sort son dictionnaire bilingue, son TOEIC, et on se connecte sur tellmemore pour ceux qui ont la chance d’avoir une université ou une école qui vous a acheté des accès gratuits. Mieux encore : pour ceux qui peuvent se le permettre, pourquoi ne pas le faire en pays anglophone, votre stage ? En un seul coup, vous validez une expérience à l’international et vous améliorez de beaucoup vos capacités linguistiques.